GUÉRIR À TRAVERS LA PRATIQUE CULTURELLE

Spring 2018

LE COIN DE L’AÎNÉ

‘Notre chemin de guérison nous a aidé à comprendre comment le pouvoir de l’univers viendra à notre aide si notre cœur et notre esprit ne devienne qu’un.’

Bonjour,

Mon nom est Kevin Tikivik et je suis un nouvel Aidant au Centre de Guérison Waseskun.

Le rôle principal d’un Aidant à Waseskun est d’aider les résidents à marcher sur le chemin de leur Plan de Guérison. Les groupes que je vais animer sont dirigés à une sensibilisation plus accrue et aussi vers l’accès aux pratiques culturelles pour tous les peuples autochtones.

J’ai grandi dans la zone environnante de la région de Qikitaaluk, dans le Territoire du Nunavut.Mon village d’origine est connu sous le nom d’Iqualuit, la capitale du Nunavut. J’ai étéélevé par mon grand-père et, je n’ai pas appris beaucoup d’anglais jusqu’à ce que j’aieapproximativement 12 ans.

Mon plus grand but dans la vie est d’aider à la consolidation des réalités contrastantes entre les peuples traditionnels et la société occidentale. Ceci couvre plusieurs domaines tels que la question des pratiques de guérison.

Thank You, Nakurmiik, Merci
Kevin Tikivik

PAS DE REPOS POUR LES GENS ENGAGÉS

par : Chad Diabo, Aidant

Il en faut beaucoup pour maintenir un centre de guérison à l’année longue. Sur une baserégulière nous avons des tentes de sudation et des cérémonies traditionnelles au printemps,en été, à l’automne et en hiver. À l’intérieur de trois saisons dans l’année, il est relativementfacile d’obtenir des fournitures qui nous permettent de faire ces cérémonies. Par contre, enhiver, plus d’efforts sont requiert pour obtenir ces mêmes fournitures.  

Au Centre de Guérison Waseskun, nous ne laissons pas la température ou ni même les couches épaisses de neige nous arrêter d’obtenir ce dont nous avons besoin pour continuer la guérison. Sur quelques photos, vous pouvez voir les résidents qui travaillent côte-à-côte avec leurs Aidants en allant sur la Terre afin d’y recueillir des grands-pères (roches) pour la tente de sudation ainsi que d’autres fournitures requises.   

À plusieurs reprises au cours de l’hiver passé, nous avons mis nos raquettes et avons faitdes randonnées dans la nature sauvage afin d’y recueillir des matériaux et, continuer nosenseignements traditionnels aux résidents.   

Lors d’une occasion bien particulière, j’ai demandé aux résidents de partager leur façon de faire pour cuisiner dans le bois. Nous avons installé un campement et ils se sont appris les uns les autres comment faire un feu et fabriquer des brochettes de bois afin de cuisiner des languettes d’orignal mariné. Tous les résidents qui étaient présents sur la Terre cette journée-là se sont bien amusés et ont dégusté cette bonne viande. Quelques-uns d’entre eux qui se qualifient comme étant des ‘Indiens de ville’ ont appris des leçons utiles de la part de leurs confrères Autochtones et Inuit sur la survie sur la Terre.

Les hivers au Québec peuvent être froids et remplis de plusieurs pieds de neige, mais les Aidants sont engagés à ce que les résidents sortent tout au long de l’année afin qu’ils apprennent et grandissent en tant qu’hommes. La température n’est qu’un obstacle supplémentaire à surmonter; avec un peu de travail acharné et de la motivation, nous arrivons à faire les choses.

PRATIQUES CULTURELLES ET FINITION

DE LA MAISON LONGUE DE WASESKUN

par : Brian Sarwer-Foner, Agent de Liaison

Comme nous l’avons fait à l’automne 2016 et en février 2018, Waseskun a une fois de plus suspendu sa programmation régulière (Cercles de guérison et de discussion, à l’intérieur des composantes variées du Programme de guérison holistique Waseya) en juin 2018 et ce, jusqu’au Solstice d’été, afin que les résidents puissent continuer de travailler sur leur guérison à travers les pratiques culturelles du programme Waseya.

Plusieurs résidents se sont impliqués dansla préparation de peaux, les travaux sur leterrain, la plantation du jardin et, la finitionde la Maison Longue qui débuta à l’automne2016. Les travaux sur la Maison Longueimpliquait d’installer des planches couvertes d’écorce (venant des premières coupes de notremoulin à scie) sur la charpente de la Maison Longue. Ces planches ont été attachés aux côtéset au plafond.

Tel que le démontrent les photos, les travaux se déroulent à perfection. Il y a encore beaucoupde travail au niveau de l’imperméabilisation du toit et de la finition intérieure afin que la MaisonLongue puisse servir d’endroit de rencontre et de Loge de Médecine pour la communauté deWaseskun.

WORKING AND HEALING WITH HIDES

Nous avons eu l’opportunité, au cours de la dernière année, de traiter plusieurs différentes peaux. Nous avons traité plus de vingt (20) peaux en cuir brut. Ces peaux proviennent de chevreuils, d’orignaux et de bisons. À partir du cuir brut, nous pouvons faire des tambours et autres items d’artisanat ou, le convertir en cuir dans l’avenir. Depuis le début de notre relation avec le Département de la Faune, nous avons reçu une variété d’animaux.

Nous avons traité trois (3) peaux de chevreuil avec la fourrure. Celles-ci avaient de lafourrure sur un côté et du cuir sur l’autre. Elles seront idéales pour couvrir une table ouaccrocher au mur.

Nous avons également traité un coyote; et, nous traiterons deux peaux d’ours lorsque nous aurons déterminé la méthode appropriée avec laquelle nous serons le plus confortable à travailler  

Nous espérons aussi être en mesure de faire des couvertures de peaux de bisons de façon traditionnelle dans le futur.  

COYOTE

Depuis le début de notre relation avec le Département de la Faune, Waseskun a reçu une variété d’animaux. Lorsqu’un coyote nous fut livré, deux résidents ont été sélectionnés afin de s’occuper de l’animal et, ont fait une cérémonie de tabac afin d’honorer l’esprit de l’animal. Ils ont enlevé la fourrure, l’ont nettoyée et l’ont fait sécher en la plaçant et l’étirant sur une planche de bois

Quelques semaines plus tard, la peau fut lavée dans l’eau jusqu’à ce que l’eau fût claire. Parla suite, elle fut placée dans une solution de marinade (vinaigre, gros sel et eau). Elle y a étélaissée plusieurs jours afin que la fourrure se fixe à la peau. Puis, elle fut rincée et séchée.Un coup séché, elle fut brossée.   

C’était la première fois que plusieurs résidents étaient témoins du processus du début à lafin car la majorité d’entre-eux vendaient des peaux qui avaient déjà été écharnées à desgens qui les tanneraient. Il y a un grand potentiel de revenu pour les résidents lorsqu’ilsretourneront dans leurs communautés pour y vendre des peaux tannées pour un prix plusélevé que de la fourrure brute.

Ours Noir Numéro Deux

Le centre Waseskun a eu la chance de recevoir un second ours noir qui fut livré par le Département des Routes, à la demande du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec  

Dès son arrivée, une cérémonie de tabac pour l’esprit de l’ours fut présidée par notre Aîné et, une cérémonie d’eau traditionnelle Inuit fut présidée par notre nouvel Aidant. Ceci était pour rendre honneur à l’ours et retourner son esprit parmi la Création.   

Par la suite, les résidents ont commencé à dépecer l’ours et écharner la peau. Nous n’avionspas la permission de consommer la viande, cependant nous avons récupéré le gras.

Plus tard en soirée, nous avons utilisé le gras pour en faire de la graisse d’ours. La peau fût placée dans un congélateur afin qu’elle soit traitée dans le futur

BISON

Nous sommes très privilégiés de pouvoir bâtir une relation de travail avec la Terre des Bisons. Durant le dernier mois, nous avons reçu 2 crânes de bisons que nous devons préparer pour le propriétaire de la Terre des Bisons. Nous avons commencé à nettoyer le crâne et par la suite sommes allés l’enterrer pour un (1) an. Lorsque nous le sortirons de terre l’an prochain, nous allons le retourner au propriétaire.

En échange, nous avons reçu deux (2) peaux de bisons. Nous les avons écharnées et lesavons placées dans un liquide afin d’en retirer la fourrure. Les peaux furent par la suiteétirées afin qu’elles sèchent. Nous n’avons pas encore décidé si nous ferons des tamboursavec la peau brute ou si nous les transformerons en cuir  

Dans le futur, nous espérons pouvoir avoir d’autres arrangements avec le propriétaire, telrecevoir le crâne et la peau la même journée où le bison est abattu pour la viande. De cettefaçon nous pourrions aussi retirer le cerveau afin d’entreprendre le processus traditionnel detannerie du cerveau avec lequel on peut faire des robes de bison et du cuir.

ENTREVUE D’UN RÉSIDENT

(SANNY P.)

Sanny est un Algonquin du Lac Simon et il y habite depuissa jeunesse, soit 47 ans. Il a vu beaucoup de violence,d’agression sexuelle et de drogues dans sa communauté. Ila été élevé principalement dans le bois et a passé beaucoupde temps dans la nature lorsqu’il était jeune et jusqu’à l’âgede 9 ans lorsqu’il a commencé l’école. Son père lui a appriscomment trapper et chasser, mais il ne lui a jamais appris cequi n’était bien ni mal en termes de comportements. 

Sanny a commencé à boire de l’alcool à l’âge de 10 ans. Il buvait de la bière, du vin, n’importe quoi. Il se sentait toujours bien lorsqu’il retournait dans le bois. Il a chassé et trappé jusqu’à l’âge de 15 ans. Puis, il a commencé à travailler- il plantait des arbres. À 18 ans, il a commencé dans la construction. Il eut son premier fils à 23 ans et, il a eu 3 autres enfants dans les années qui ont suivi.

Sanny a fait 15 mois de prison pour une agression sexuelle alors qu’il avait 23 ans. Il était trèsintoxiqué au moment de son crime. À 42 ans, il fut condamné encore et a passé encore plus de tempsen prison et, aussitôt sorti il retourna à l’alcool. Sa relation avec sa copine était toujours intermittentedurant ce temps. Il était souvent dans le trouble à cause des bris de conditions due à sa consommationd’alcool.

Aujourd’hui, Sanny prend la responsabilité pour tous les problèmes dans sa relation, incluant sa consommation d’alcool, ses crimes et, son emprisonnement. Il a frappé sa copine une fois et ne l’a plus jamais fait par la suite. Il partait de la maison lorsqu’il allait boire et s’assurait de ne pas être en état d’ébriété en sa présence. Il est encore avec sac opine et essaie d’être un bon partenaire et un bon père pour ses 4 enfants. Pendant son séjour à Waseskun, il parle souvent avec eux au téléphone. Il a une bonne relation avec ses enfants. Un d’eux habite Maniwaki et ressemble beaucoup à son père, un mini Sanny. Il est fier que ses enfants le regardent positivement aujourd’hui. 

Depuis qu’il est à Waseskun, Sanny a changé sa façon de penser. Les médecines l’ont aidé, de même que les enseignements et guidance de l’Aîné et des Aidants. Sanny savait qu’il avait besoin d’aide et il a demandé de l’aider. Il a beaucoup travaillé sur ses problématiques, particulièrement sur ses offenses sexuelles, à travers les programmes offerts et, aujourd’hui il se sent bien dans sa peau. 

Il a souvent été Gardien de Feu pendant les tentes de sudation à Waseskun et cela l’a beaucoup aidé. Lorsqu’il est rentré dans les tentes de sudations, il en est ressorti à quatre pattes et en étant très étourdi, alors il participe en étant de service et, il est fier de prendre la responsabilité d’être Gardien du Feu. Il a appris des Aînés comment faire un Feu Sacré approprié. Il souhaite continuer ce rôle lorsqu’il retournera dans sa communauté. Il aimerait également participer à un jeûne un jour. Il est arrivé à Waseskun peu de temps après notre jeûne annuel l’été dernier. 

Pendant son séjour, il a principalement travaillé sur ses émotions. De plus, il a travaillé beaucoup sur sa mentalité et ceci fût aidé en partageant activement avec d’autres résidents. Au début, lorsqu’il est arrivé, il ne parlait pas beaucoup mais avec le temps, petit à petit, il a commencé à s’ouvrir. 

Sanny a perdu beaucoup de membres de sa famille pendant son séjour et, le deuil a été un défi additionnel à son processus de guérison. Il a reçu beaucoup de support de la part de la communauté Waseskun et plusieurs cérémonies ont été organisées pour lui par l’Aîné afin qu’il puisse faire appel à ses ancêtres. Ceci l’a beaucoup aidé. 

Il fait face à un gros problème avec son abus d’alcool. Il ne peut jamais prendre un verre, autrement il retombera dans sa dépendance. Dans sa communauté, plusieurs de ses amis et members de famille boivent et Sanny doit leur demander de ne pas le faire en sa présence lorsqu’il retournera chez lui. S’il sévit, il sera emprisonné à nouveau pour une durée de 1 an à 1 an et demi. Sa famille lui a dit qu’elle tenterait de l’aider en essayant de ne pas le tenter lorsqu’il rentrera chez lui. 

Sanny dit qu’il a fait plusieurs erreurs dans le passé et que ceci a causé des blessures émotionnelles et mentales à ses proches. Ceci lui fait de la peine parce qu’il n’est pas un homme qui veut causer du mal. Il a une âme facile à vivre et, heureuse; il n’a pas une âme méchante. Ses agressions sexuelles ont été faites seulement lorsqu’il était intoxiqué et, c’est la raison principale pour laquelle il ne veut jamais reprendre d’alcool. 

Il cherche à réparer les dommages envers ceux qui a blessé à travers ses crimes. Quelques personnes l’ont pardonné tandis que d’autres personnes dissent qu’ils/elles ne le pardonne pas. Il doit faire la paix avec ceci et l’accepter si quelqu’un proche de lui ne le pardonne pas. Cela fait partie de sa propre guérison personnelle. 

Sanny a entendu des gars se plaindre de Waseskun pendant qu’il était en prison mais il les a ignorés parce qu’il savait qu’ils étaient incapables de suivre les règlements. Si les règlements sont suivis, quelqu’un peut bien s’en tirer affirme Sanny. Il a beaucoup aimé être à Waseskun avec tout ce que le centre à offrir. 

Il a appris que si quelqu’un veut progresser dans sa guérison, qu’elle doit travailler fort sur elle-même. Elle doit avoir un bon sens de la mentalité de quelqu’un et ne pas jouer avec ses émotions. Il a appris que les émotions peuvent changer rapidement et que quelqu’un doit comprendre ceci et ne pas se surprendre. Lorsque les émotions changent, la personne doit reculer d’un pas et réfléchir afin de s’assurer qu’elle ne perde pas le contrôle de ses émotions. 

Il a aussi appris que de prendre une pause et aller prendre une marche est toujours une bonne chose afin d’éviter de répondre à quelqu’un lorsque la personne lui dit quelque chose qui le dérange. Cela lui permet de penser à ce qui est dit et de réfléchir avant de réagir. De cette façon, cela évite l’escalade et empêche que quelque chose de blessant soit dit en retour. Il a appris comment faire de la bonne réflexion et comment travailler avec son souffle également afin de regagner le calme et ne pas se laisser emporter par ses émotions. 

Il a appris beaucoup à travers les cérémonies avec les Aînés, comment penser et agir de la bonne façon. Maintenant il exprime comment il se sent et il est bien dans sa peau, alors ce qu’il exprime est toujours positif. 

Sanny aimerait revenir à Waseskun afin de participer au jeûne et il aimerait faire don d’esturgeon et deviande de chevreuil afin de redonner pour tout l’aide qu’il a reçu pendant son séjour. Il aimerait direun gros merci à Waseskun et tout son personnel pour l’aider à retrouver le vrai Sanny.              

VISITE D’UN RÉSIDENT À LA TERRE DES BISONS

Alors qu’il lui restait quelques mois ou semaines à faire avant son audience pour une Libération Conditionnelle Totale, le résident Sanny P. a eu l’idée de demander une PSAE lui permettant de se rendre à la Terre des Bisons, située à une quinzaine de minutes du Centre de Guérison Waseskun. Comme il n’avait jamais vu ce type d’animal (wapiti) de sa vie, il souhaitait obtenir l’occasion de pouvoir voir la bête avant l’obtention d’une possible LCT et départ du centre de guérison.

Le Conseil de Guérison, de même que le SCC lui accorda la PSAE pour Perfectionnement Personnel (pour Activités Traditionnelles) et le résident pu enfin apprécier la bête en personne en compagnie de son Agent de Gestion de Cas.

Comme le propriétaire était affairé avec son vétérinaire et quelques-unes de ses bêtes, il nous permit de nous promener le long du sentier qui nous mena à la rencontre des bisons, mais aussi des wapitis, qui ne se sont pas fait prier pour venir se nourrir à même la main du résident. En effet, alors que les bisons s’éloignaient chaque fois que l’on se rapprochait d’eux, les wapitis, plus curieux, nous guettaient et venaient à notre rencontre en se laissant flatter par le résident, heureux comme un poisson dans l’eau. 

La sortie, même si elle fût de courte durée, aura permis au résident de réaliser sa demande de voir ces bêtes avant de quitter et sera assurément mémorable pour lui qui semblait même échanger avec les bêtes alors qu’il leur donnait de la nourriture. 

Quelques jours après sa visite, le résident fût rencontré par la CLCC (Commission des Libérations Conditionnelles du Canada) et a finalement obtenu sa Libération Conditionnelle Totale, qui lui permettait de retourner dans son coin de pays, où sa famille l’attendait et où il pourra raconter sa visite à la Terre des Bisons.      

RIP JOE MELL 

La communauté de Waseskun a été très peinée d’apprendre le décès d’un de ses membresfondateurs, Joe Mell, à l’âge de 86 ans. Joe fut membre du Conseil d’Administration deWaseskun depuis ses débuts en 1988. Parmi les plusieurs œuvres charitables dans lesquellesJoe était impliqué, il était bien connu pour son aide auprès des enfants de Pointe-St-Charles,un des quartiers les plus pauvres de la région de Montréal. Il fit bouger des choses, incluantl’amas de fonds pour les enfants afin qu’ils puissent participer dans de nombreuses activitéssportives et, la formation d’équipes communautaires auxquelles ils pouvaient se joindregratuitement. Joe a aussi travaillé fort pour aider les hommes en libération conditionnelleà se remettre sur pied lors de leur libération de prison. Cette initiative a beaucoup aidé àl’établissement de Waseskun. De plus, il était un membre fondateur de la maison de transitionCrossroads (St-Leonard à Montréal). Il manquera beaucoup à toute la communauté.  

JOURNÉE DE L’ENVIRONNEMENT À ST-ALPHONSE-RODRIGUEZ

Samedi le 19 mai, quatre (4) résidents, accompagnés d’employés bénévoles, ont participéaux activités de la Journée de l’Environnement de la municipalité de St-Alphonse-Rodriguez.Waseskun avait une table d’artisanat installée pour l’évènement parmi les autres tablesreprésentant les diverses organisations et services communautaires. Tout le monde s’estbien amusé! Les résidents ont aidé à distribuer du compost que la municipalité offrait aupublic, deux (2) résidents ont chanté des chants traditionnels accompagné de tambours pourle public sur place et, les ventes d’artisanat furent bonnes. Un petit groupe de gens étaientrassemblés afin de les écouter et ils ont vraiment apprécier entendre les chants.

PROGRAMME DE JARDINAGE 2018

par : Chad Diabo, Aidant

Tel que mentionné dans un article précédent, des plans ont été mis en place afin de continuerle jardin en 2018. Le 12 mars dernier, nous avons commencé le processus de plantation dessemis pour le nouveau jardin. Quelques résidents étaient prêts à commencer ce processus.Nous avons demandé que les résidents qui étaient dans l’esprit de plantation fasse partie decette équipe et commence à planter les semis. Tous ceux qui ont participé dans ce processusl’ont fait de façon volontaire et sur leur temps personnel.

Suivant les traditions du peuple Mohawk, chaque personne a étalé, avec la meilleure desintentions, un cadeau de tabac afin de procéder au début de la plantation. Cette pratique estdepuis longtemps la tradition au sein du peuple Mohawk- soit d’utiliser du tabac pour éleverles prières et intentions jusqu’au Grand Esprit. Cette façon de faire permets d’unir nos espritsafin d’accomplir de grandes choses.

En suivant les connaissances bien établies de certains résidents seniors, nous avons commencéle processus des semis dans des contenants de serre qui contenaient de la terre de jardinde qualité Promix. Nous espérons que cet investissement résultera en des plantes en bonnesanté dans notre jardin de cette année.

Nous avons commencé avec la plantation des semis pour les plants de tabac de cette année.En combinant les graines de tabac de la récolte de l’an dernier avec d’autres graines queles Aidants ont ramasses, nous espérons que les plants de tabac seront robustes. Cettemédecine est essentielle au travail de guérison qui est fait à Waseskun. Avec le tabac, nousavons aussi planté des zucchinis, des aubergines, des courges ‘butternut’, de la laitue, de lalaitue ‘iceberg’, des tomates cerises, de tomates de type ‘beef steak’, de type ‘heirloom’, despoivrons rouges, poivrons verts, piments jalapeno, du basilic, du thym, de la menthe, de lacoriandre, de l’origan, du romarin, de la ciboulette, des tournesols, des œillets d’Inde et deszinnias. 

Nous avons converti une partie du bâtiment no. 6 – le bâtiment de travail du bois, en serre à temps plein pour les semis. Tous les semis que vous voyez sur la photo ont commencé comme simples graines et sont maintenant devenues les plantes que vous voyez. Nous vous donnerons d’autres nouvelles du jardin, édition 2018, au fur et à mesure qu’il progresse au cours de l’été.  

VISITE DE L’ÉTABLISSEMENT ARCHAMBAULT À WASESKUN

par : Brian Sarwer-Foner, Agent de liaison

Le 5 juin, Waseskun recevait la visite d’une équipe de l’institution Archambault qui consistaitd’Agents(es) de Libération Conditionnelle, d’une Gestionnaire d’Évaluation et Intervention, laDirectrice Adjointe des Interventions, la Directrice par intérim des Initiatives Autochtonesrégion du Québec et l’Aîné de l’institution. Ils travaillent tous ensemble dans le Centred’Intervention Autochtone (CIA) nouvellement organisé et où les délinquants autochtonessont envoyés.

Les visiteurs ont pris part à un tour complet de Waseskun et par la suite eurent une réunion avec le personnel de Waseskun, mettant en vedette un de nos Aidants qui a présenté les détails des composantes du programme qu’il donne à l’intérieur du Programme de Guérison Holistique Waseya de Waseskun et, notre Aîné qui a expliqué comment les médecines fonctionnent et le rôle que les cérémonies jouent dans le processus de guérison. 

Les visiteurs ont ensuite participé à un Cercle avec quelques résidents et furent honorés par quelques chants au tambour. Quelques-uns des visiteurs se sont joints aux résidents aux tambours pour un troisième chant par la suite.   

Ce fut un grand plaisir d’accueillir nos visiteurs et nous avons hâte de travailler de très près avec l’équipe au Centre d’Intervention Autochtone afin de faciliter la venue de bons candidats motivés de l’institution Archambault vers notre communauté de guérison.  

L’ARTISANAT ET LA GUÉRISON

Kwé kwé,

  Mon nom est Normand L. et je suis d’origine Mohawk. Mon nom spirituel est ‘gray father wolf’ et tout comme ma mère, nous faisons partie du clan des Loups. Avant de venir à Waseskun, il n’y avait aucun sens à ma vie. J’avais de la difficulté à gérer différentes situations auxquelles je faisais face. Avec les programmes spirituels et traditionnels qui nous sont offerts ici, j’ai dû creuser à des endroits dont j’avais peur d’aller à l’intérieur de moi, pour réussir à chercher ce qui n’allait pas.    

Mais depuis que je l’ai fait, je suis tellement pu le même homme que j’étais avant de venir ici.Ce faisant, pour réussir j’utilise au moins une fois par jour une des sept enseignements denos ancêtres. Il est évident que pour venir ici, tu te dois d’être prêt à travailler sur toi-mêmepour suivre ton chemin de guérison. Nous avons un proverbe bien à nous ici, qui dit : ‘Nousne sommes pas guéris, mais nous guérissons’. J’aime bien ce proverbe. Pendant mon cheminde guérison, pour me détendre, je me suis découvert un petit talent dont je me sers pourgérer une ou plusieurs situations de stress, comme par exemple lorsque ce j’ai travaillé trèsfort sur moi-même dans différents programmes dans la journée. Le soir, je vais dans l’atelierde bois pour pyrograver. Ça m’aide beaucoup à relâcher le stress et à travailler ma patience,car pour pyrograver, ça prend énormément de patience, chose que je n’avais pas beaucoupavant d’arriver ici. Et je n’en avais pas dans ma vie antérieure également.

  Depuis que je me suis établie dans un mode de vie, la plus belle décision que j’ai fait dans ma vie c’est accepter de venir ici.  

NOUS AVONS TOUS UN RÔLE EN COMMUNAUTÉ

 En tant que jeunes garçons nous avions des rêves et des aspirations de s’engager d’une bonne façon. Depuis ce temps, nous continuons à apprendre ce qui fonctionne et ce qui nous empêche d’atteindre cette harmonie dans la vie.

Ici, à Waseskun, nous avons, en tant que communauté, la chance d’aspirer et nous rediriger d’une bonne façon. Pour atteindre l’harmonie que notre communauté mérite, nous devons apprendre à bien marcher sur les chemins que nous avons empruntés. Afin de pouvoir nous appliquer de façon progressive, nous devons regarder profondément dans notre centre, notre identité et notre guérison. À l’intérieur de Waseskun, j’essaie de m’appliquer en tant que frère, guide et Aidant. Avec cet état d’esprit, je marche avec notre communauté vers un chemin vers la guérison. 

Si vous avez été frustrés et menés par des épreuves, Waseskun est un endroit sécuritaire pourcommencer une pratique de guérison. Waseskun peut vous aider à commencer à vous souvenirles pratiques de vies tradtionnelles; de plus, si vous avez été absents dans votre culture, vousavez la chance d’apprendre des outils traditionnels et vous adapter dans la traduction entrevous et votre relation avec la vie.

“Learning to love yourself is a good start”

Aakuluvusi,
Kevin Tikivik

ENTREVUE AVEC UN RÉSIDENT

(DEAN J.)

Dean est à Waseskun depuis un peu plus que deux mois.Les principales problématiques sur lesquelles il travailledepuis qu’il est ici sont les traumatismes émotionnels, laguérison de l’esprit, la spiritualité et la mentalité, suivantles quadrants de la Roue de Médicine afin de restaurerl’équilibre dans sa vie et afin qu’il vive une bonne vie.Il a des traumatismes de l’enfance auxquels il fait face.

Dean a été abandonné à un très jeune âge et n’as pasréalisé ce que l’amour voulait dire. Il a été victimed’un pédophile qui lui offrait de l’argent et de l’alcool enéchange de faveurs sexuelles. Après avoir vécu ceci, Dean plongea sévèrement dans l’alcool et lesdrogues. Et, à un très jeune âge il a commencé à respirer des solvants aussi. 

Dean a souffert des sentiments d’abandonnement par son père. Il pleurait beaucoup et s’ennuyaitbeaucoup de lui, mais il ne savait pas comment gérer la douleur. Lorsqu’il avait 12 ans, la mère de Deancommença à aller au collège, le laissant souvent seul avec ses deux sœurs. Il profita de cette libertépour s’impliquer avec des gens plus vieux que lui qui consommait beaucoup de drogues et d’alcool.Dean n’avait personne pour le guider ou pour lui enseigner les bonnes valeurs et les morales à cetteâge-là, alors il ne savait pas quoi faire de sa vie. Alors il combla le vide dans sa vie en expérimentantavec les drogues et l’alcool. En n’ayant pas ces valeurs familiales et ces morales, Dean développa lacroyance qu’il était OK de faire des choses qui étaient contre la loi. Il allait dans les maisons des genspour y trouver des drogues ou de l’alcool.

Il en résultat qu’il entrait et sortait de prison régulièrement et qu’il ne savait pas comment gérer nifaire face à ses problèmes internes et ses sentiments blessés, alors il apprit comment les enterrer.Après une récente rechute pendant sa libération, Dean a eu le temps de vraiment réfléchir sur sessentiments blessés et il a réalisé que ce dont il avait vraiment besoin était de la guérison. Son agentde libération conditionnelle lui a suggéré Waseskun et il a décidé d’envoyer sa candidature. Dès qu’ilfut à Waseskun, Dean croit qu’il a été en mesure de travailler sur sa guérison plus en profondeur qu’ilait pu faire auparavant. Le travail avec l’Aîné, les Aidants et membres du personnel et, aussi en voyantcomment les autres résidents s’ouvraient l’ont aidé à s’ouvrir également et regarder et se libérer desdifférents traumatismes qui lui sont arrivés pendant sa vie. Il eut une meilleure compréhension enobservant les autres et, ceci l’a aidé à entreprendre son chemin de guérison.  

Lorsqu’il était jeune, Dean a appris que pleurer était une source de faiblesse. Maintenant il comprendque pleurer est une porte vers la guérison et, qu’en fait, c’est une source de force lorsqu’on est capablede le faire. Une partie de lui comprenait ceci avant, cependant lorsqu’un Aidant lui a dit ‘le Créateurt’as donné des larmes, alors tu dois t’en servir’, cela l’a frappé comme un mur de brique. Maintenant,lorsque quelque chose l’affecte, il est capable de ressentir les émotions troubles et les relâcher et, selaisser aller vers la guérison.  

Avant de venir à Waseskun, Dean ne savait pas quoi ni comment faire pour guérir les troubles auxquelsil faisait face. Il ne savait pas à quel point être un survivant d’abus sexuel pouvait avoir un si profondeffet sur lui. Il gardait toutes ces émotions blessantes et mélangeantes enfouies bien au fond de lui.Mais depuis qu’il est à Waseskun, il a été en mesure d’identifier ses émotions troubles et, les relâcheret maintenant il est capable de parler de ces problématiques. Il espère qu’en pouvant partager ici,qu’il puisse aider d’autres personnes à franchir l’étape d’aller chercher de l’aide, ce qui leur permettrad’aller plus en profondeur dans leur guérison.  

Dean croit que les centres de traitement qui offrent des séjours de 28 jours seulement, ne fontque toucher la surface des problématiques auxquels un individu fait face. Il a vécu l’expérience desavoir qu’en s’impliquant dans le travail fait à Waseskun, cela est très constructif, surtout à traversl’opportunité de regarder ce que les autres frères vivent et, à partager avec eux dans les Cercles. Celavient nous toucher à l’intérieur et, en faisant le lien avec les expériences des autres on peut arriver àatteindre des nouveaux niveaux de compréhension.  

Dean est un joueur de tambour et un chanteur et, il partage et enseigne les chants qu’il connaît. Ilégalement bien réussi avec les peaux; il était habitué d’en faire mais avait mis ça de côté à cause de sadépendance aux drogues. Il travaille aussi beaucoup avec le moulin à scie depuis qu’il est à Waseskun.

En se forçant à s’impliquer à plusieurs niveaux et en étant motivé à se garder occupé, il a réveilléplusieurs choses en lui. Il a appris des Aidants et de l’Aîné les façons que les Autochtones portent lesmédecines et, comment appliquer le tout dans sa vie. Il peut voir comment les médecines fonctionnentet comment il doit s’en servir d’une bonne façon pour vivre une bonne vie. Il n’a preuve d’aucuneretenue et a pris avantage de tout ce que Waseskun avait à offrir. Il a appris beaucoup ici. Pour lui,Waseskun fut la façon dont le Créateur lui a démontré qu’il avait une chance de continuer à vivre. 

En se forçant à s’impliquer à plusieurs niveaux et en étant motivé à se garder occupé, il a réveilléplusieurs choses en lui. Il a appris des Aidants et de l’Aîné les façons que les Autochtones portent lesmédecines et, comment appliquer le tout dans sa vie. Il peut voir comment les médecines fonctionnentet comment il doit s’en servir d’une bonne façon pour vivre une bonne vie. Il n’a preuve d’aucuneretenue et a pris avantage de tout ce que Waseskun avait à offrir. Il a appris beaucoup ici. Pour lui,Waseskun fut la façon dont le Créateur lui a démontré qu’il avait une chance de continuer à vivre.   

Il comprend que lorsqu’il a un blocage, cela put l’entraîner à la dépression et/ou que tout autre chosenégative peut l’entraîner à vivre un déséquilibre dans sa vie. À Waseskun, il a appris comment créerde la stabilité, de l’équilibre et de l’harmonie qu’il a besoin dans sa vie. La spiritualité est devenueun élément fort dans sa vie et il a aussi appris beaucoup au niveau de sa culture. Un de ses butsétait de comprendre comment l’énergie, la vibration et la fréquence fonctionne. Il comprenait unpeu, maintenant il comprend beaucoup mieux. Il comprend mieux les médecines aussi. Il sait aussimaintenant, pour l’avoir vécu, comment les tentes de sudation aident à relâcher beaucoup d’énergie. 

Même s’il n’a été à Waseskun qu’un peu plus que 2 mois, Dean a fait de l’excellent travail durant sonséjour en faisant face plus profondément à ses problématiques et aussi en avançant très bien sur sonchemin de guérison. Il souhaitait demeurer à Waseskun afin de compléter sa thérapie et continuerà être impliqué dans toutes les activités auxquelles il participait, mais malheureusement, pour desraisons médicales, il a dû transférer en Ontario afin d’y recevoir les soins dont il a besoin. C’est avecune grande tristesse que la communauté de Waseskun lui a fait ses adieux lors d’un Cercle d’Aurevoirqui a eu lieu quelques jours avant son transfèrement. Nous le garderons tous dans nos pensées etprières et, nous lui souhaitons un très prompt rétablissement. Prends soin de toi Dean! 

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Le Cercle de Waseskun
1 rue Waseskun
Boîte Postale 1159
Saint-Alphonse-Rodriguez (Qc), J0K 1W0
Tel. : 450 883-2034 Fax : 450 883-3631
www.waseskun.net

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